Hutchinson (Total Énergies) :  "Ils osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît"

Echo d'entreprise
12/05/2022

Total Énergies et Hutchinson viennent d’inviter leurs salariés à donner de un à trois jours de congés en faveur des victimes de la guerre en Ukraine. Pour chaque jour donné, Hutchinson ajoutera « généreusement » 50 euros.

Les travailleurs d’Hutchinson, comme l’ensemble des travailleurs, ne peuvent évidemment que se sentir solidaires de la population en Ukraine qui subit une guerre atroce. Mais quand c’est le patron qui se met à leur parler de mobilisation et de solidarité, ça sent l’arnaque et leur réaction est, à juste, titre la méfiance.

Quand ils exigent des salaires qui leur permettraient de vivre dignement, ce n’est plus de solidarité que le patron parle mais bien de compétitivité, prétendant que ce ne serait pas possible d’augmenter les salaires. Alors qu'à Hutchinson, les salaires à l'embauche sont au Smic, et après 10 ou 20 ans d'ancienneté, 1400 à 1500 euros primes comprises, juste de quoi vivre alors que les prix eux explosent.

La solidarité de ces patrons, c’est juste de la publicité pour se donner une image charitable, mais les travailleurs ne sont pas dupes. Au 1er trimestre 2022, le groupe pétrolier Total annonce un bénéfice record de près de 5 milliards de dollars. Un bénéfice plus élevé que prévu, bien parti pour battre le record de 2021 de 15 milliards d’euros, malgré les pertes liées aux activités de Total en Russie.

En plus de la spéculation, ces profits proviennent de l’aggravation de l’exploitation, des suppressions d’emplois, des salaires au rabais. Les cadences dans les usines Hutchinson sont toujours très hautes, impossibles à tenir dans certains secteurs. Dans certaines usines du groupe les travailleurs sont mis au chômage partiel certains jours de la semaine, et les autres jours il faut bosser comme des dingues.

C’est aux travailleurs qui ont sué ces profits, que Total et Hutchinson osent encore demander de faire le sacrifice de leurs congés, alors que ces profiteurs de guerre spéculent et s’enrichissent déjà sur leur dos et sur le sang des peuples, profitant de l’aubaine qu’est pour eux le conflit ukrainien.

Facteurs d'Ingré et Fleury (Loiret) :  Du ras-le-bol à la grève

Echo d'entreprise
08/04/2022

Contre les conditions de travail insupportables dues au manque de personnel, les facteurs d'Ingré, à l'ouest d'Orléans, ont fait grève deux jours les 5 et 6 avril.

Depuis la "réorganisation" de septembre 2021, les tournées ont été encore rallongées. Quand des tournées ne sont pas couvertes, les facteurs doivent en faire des portions en plus de la leur. Le mépris affiché par la direction a aussi alimenté leur ras-le-bol.

Apprenant que leurs camarades d'Ingré étaient en grève, ceux de Fleury-les-Aubrais, au nord d'Orléans, qui connaissent exactement les mêmes problèmes, s'y sont mis à leur tour le lendemain, sept d'entre eux les ont rejoints au piquet de grève. L'accueil fut enthousiaste et les retrouvailles émouvantes, car plus d'un est passé par l'un et l'autre centre.

Si ceux d'Ingré ont obtenu quelques moyens supplémentaires au bout de deux jours, leurs camarades fleuryssois, à qui la direction n'avait pour l'instant rien cédé, ont mis un point d'honneur à continuer la grève jusqu'à la fin de la semaine.

Centre Hospitalier Régional d'Orléans (Loiret) :  L’hôpital est malade du capitalisme

Echo d'entreprise
05/04/2022

Depuis une semaine, 90 % du personnel paramédical des urgences de l’hôpital d’Orléans est en arrêt maladie, « en raison de l’épuisement et du mal-être », ce qui a conduit la direction à quasi fermer le service en restreignant l’accueil des patients. Un préavis de grève pour le vendredi 8 avril a été déposé par les médecins urgentistes.

Depuis des années, le personnel et les organisations syndicales dénoncent le manque de personnel et l’aggravation de leurs conditions de travail. La crise sanitaire les a précipités dans le gouffre : manque d’infirmières et d’aides-soignants, fermetures de lits. Le personnel se dit épuisé et la goutte qui a fait déborder le vase est le décès d’une patiente sur un brancard le lundi 28 mars.

Comme tous les hôpitaux, le C.H.R.O. est géré avec une logique de rentabilité. Le « quoi qu’il en coûte » vaut pour les profits du grand patronat et des actionnaires, pas pour la santé du personnel et des patients.

Merck Santé - Semoy (Loiret) :  Le blocage des salaires, ça ne peut plus durer !

Echo d'entreprise
04/03/2022

Depuis le jeudi 3 mars au matin, la majorité des opérateurs de production mais aussi bon nombre de techniciens de laboratoire du site de Semoy, qui compte environ 500 salariés, se sont mis en grève pour protester contre le mépris exprimé par la direction de ce groupe pharmaceutique richissime, qui continue à vouloir bloquer les salaires et qui vient de proposer une « augmentation » en 2022 de seulement 1 %, et encore uniquement pour les salaires inférieurs à 2200 euros ! La direction n’a trouvé aucun syndicat pour signer cet accord.

Alors que tous les prix grimpent, que les coûts des pleins d’essence ou du caddie explosent, la grande majorité des opérateurs ont trouvé ces propositions pour le moins « irrespectueuses ». D’autant que le site s’est agrandi pour augmenter la production et que les semaines de travail ont été rallongées ! Bien des travailleurs ont demandé aux délégués du site « de l’action ». Et depuis hier matin, les travailleurs sont rassemblés devant le site et la production des médicaments anti-diabétiques du site est bloquée. Ils s’organisent et peuvent enfin discuter tous ensemble de ce qu’il faudrait comme salaire pour vivre dignement. Ils revotent la grève chaque fin d’après-midi.

Tous les travailleurs qui engagent la lutte pour l’augmentation des salaires alors que les profits explosent ont raison !

Facteurs d’Orléans (Loiret) :  En grève contre les suppressions de tournées

Echo d'entreprise
01/03/2022

Lundi 28 février, la dizaine de facteurs d’une équipe qui dessert Orléans se sont mis en grève reconductible, contre la suppression prévue de quatre tournées.

En tout, c’est dix tournées que la direction veut supprimer sur la plate-forme de distribution avenue des Droits de l’Homme, qui emploie 83 postiers et couvre les quartiers du nord et du centre d’Orléans.

La direction prétexte la baisse de volume du courrier. Mais les facteurs ont toujours des sacoches qui débordent et ont du mal à finir dans le temps imparti. De nouvelles suppressions de tournées et le rallongement de celles qui restent rendront tout simplement leur travail impossible.

La grève était donc reconduite le lendemain et les grévistes ont maintenu leur piquet. Ils savent que leur détermination et leur solidarité sont leurs meilleurs atouts pour faire remballer ses projets à la direction.

Hutchinson - Châlette-sur-Loing (Loiret) :  Les travailleurs ont relevé la tête

Echo d'entreprise
23/02/2022

Les ouvriers de l’usine Hutchinson de Châlette-sur-Loing (Groupe Total) ont fait cinq jours de grève pour exiger 80 euros d’augmentation de salaire.

Ils étaient près de 200 le premier jour, le 15 février. Suite aux débrayages largement suivis de la semaine précédente, le patron avait lâché 50 euros pour les plus bas salaires. Mais pour les grévistes, le compte n’y était pas. Ils veulent leur part, pouvoir vivre dignement de leur salaire, sachant que le groupe Hutchinson a versé 140 millions d’euros à Total, qui lui-même vient d’annoncer 15 milliards de profits.

Malgré le froid, les discussions autour des barbecues ont été nombreuses sur le fait que sans nous, sans notre travail, il n’y a pas de production et que ce n’est que par la grève qu’on peut faire céder le patron. Les plus anciens se rappelaient qu’il n’y avait pas eu de grève depuis 18 ans. Beaucoup attendaient de savoir si les autres usines du groupe allaient se joindre au mouvement.

« On travaille dur mais on reste digne, on veut vivre de notre salaire ». « On n’a pas le chef sur le dos à nous saouler avec la cadence, c’est un moment de liberté ».

Jeudi et vendredi le nombre de grévistes avait baissé, et lundi 21, certains tenaient encore à marquer le coup. Finalement la direction, en plus des 50 euros, a lâché 10,08 euros par mois sur la prime de panier. Même s’ils estiment être encore loin du compte, les grévistes sont fiers d’avoir enfin relevé la tête, de s’être fait respecter face aux bas salaires et au mépris de la direction.

Leroy-Somer - Saint-Jean-de-Braye (Loiret) :  Deuxième jour de grève pour les salaires

Echo d'entreprise
17/02/2022

Ce mercredi 16 février, les travailleurs de Leroy-Somer qui fabriquent des alternateurs géants pour la production électrique faisaient leur deuxième jour de grève. Commencée par des débrayages la semaine dernière, les salariés sont passés à la grève totale quand la direction du groupe a annoncé environ 2 % d’augmentation et une prime pour solde de tout compte !

Mais les grévistes disent que c’est chaque mois que tout augmente et que ce qu’ils veulent, ce sont des augmentations mensuelles, pas des primes. La grève est votée chaque jour à une cinquantaine et les autres sites Leroy-Somer, à Lyon et Angoulême, étaient aussi en grève pour les salaires.

Tous ceux qui se battent pour des salaires permettant de vivre dignement montrent la voie.

Hutchinson - Châlette-sur-Loing (Loiret) :  Les travailleurs veulent leur part

Echo d'entreprise
12/02/2022

Le 10 février, les travailleurs du groupe Hutchinson étaient appelés par les syndicats à faire grève. Dans toutes les usines, les travailleurs ont été nombreux à répondre présent. Ils ont été plus de 200 à débrayer à l’usine de Châlette pour exprimer leur mécontentement au vu des miettes qu’avait proposées la direction à la première réunion NAO : 2 % pour les salaires en-dessous de 2500 euros et zéro pour les autres. Contents de se retrouver aussi nombreux à faire la tournée des ateliers, qui pour certains étaient beaucoup moins bruyants puisque les machines ne tournaient pas.

« Les salaires au SMIC pour les plus jeunes, à peine plus pour les plus anciens, le 10 c’est la fin du mois et impossible de payer toutes les factures et les crédits. On travaille durement et on n’y arrive plus ». Les grévistes étaient d’autant plus remontés que Total, dont Hutchinson fait partie, venait d’annoncer ses 15 milliards de profits et qu’ils sont bien conscients que c’est grâce à leur travail que ces requins s’enrichissent. La goutte d’eau qui fait déborder le vase, c’est le refus d’Hutchinson de verser la prime de 550 euros que tous les salariés de Total ont eue.

En fin d’après-midi, la direction annonçait un talon de 50 euros pour les salaires en-dessous de 2500 euros brut, et 2 % pour les autres. « Mais 50 euros, c’est même pas un plein d’essence ». Dans toutes les usines du groupe, des rendez-vous ont été pris la semaine prochaine pour organiser la suite.

Michelin - Saint-Doulchard (Cher) :  Débrayages pour les salaires

Echo d'entreprise
01/02/2022

Depuis 2 semaines, les débrayages se succèdent dans toutes les équipes pour exiger une augmentation de 2000 euros nets mensuels. Plusieurs dizaines de travailleurs se réunissent tous les jours pour discuter et votent les débrayages journaliers.

Mercredi 19, à l’occasion des discussions annuelles sur les salaires, une centaine de travailleurs sur les 3 équipes ont débrayé.

Face aux dernières propositions de la direction : 2% d’augmentation générale, soit 25 euros nets par mois, les réflexions ont fusé : « ce qu’ils veulent nous donner, c’est même pas le prix d’un café par jour dans un bistrot », « 2 % d’augmentation, c’est de la provocation, alors que Michelin va annoncer des bénéfices au moins au niveau de 2019 qui était déjà une année exceptionnelle ».

Jeudi 20, les débrayages ont continué et le vendredi, au changement d’équipes, à midi, 80 travailleurs se sont regroupés pour manifester devant les portes de l’usine.

Vendredi 28 janvier, devait avoir lieu l’inauguration d’un nouveau secteur, refait à neuf avec les aides de l’État, en présence des autorités locales, ce que la direction a finalement annulé en invoquant le covid.

Les travailleurs qui avaient décidé de manifester à nouveau ce jour-là devant l’usine, pour exprimer leur colère face aux propositions ridiculement basses de la direction, ne sont pas revenus pour autant sur leur décision. Ils se sont rassemblés à plus de 50 devant la porte de l’usine, avec le soutien de militants syndicaux de la SNCF et de Rians, une entreprise de l’agro-alimentaire.

Plusieurs travailleurs en ont profité pour rappeler devant les journalistes présents que les salaires chez Michelin à l’embauche étaient de 1300 euros nets en 3x8 et qu’avec cela on ne pouvait pas vivre.

C’est pourquoi débrayages et rassemblement restent prévus cette semaine.

Sanofi - Amilly (Loiret) :  Que la direction sorte son chéquier

Echo d'entreprise
13/12/2021

A Sanofi, les négociations sur les salaires ont fourni l’occasion d’exprimer le ras-le-bol accumulé dans ce site de production et de distribution qui compte 450 personnes.
Fin novembre, 150 travailleurs avaient déjà débrayé pour les salaires. Mardi 7 décembre, c’était à nouveau la grève. Un piquet de grève bien suivi était mis en place.
Autour du brasero, les équipes de production trouvaient enfin le temps de discuter avec celles de la distribution. La vidéo où l’on voyait un groupe de grévistes qui s'invitait à la réunion de négociation en région parisienne passait de smartphone en smartphone.
Lors de cette réunion, la direction générale s’était juste contentée d’ajouter 0,2% aux 0,8% qu’elle proposait auparavant, faisant dire à certains qu’elle ne connaissait que les virgules. Cette réunion qui se terminait par le départ de la DRH sous les cris de "sors ton chéquier" avait le mérite de bien réchauffer l’ambiance. En effet, pourquoi faudrait-il que les travailleurs se contentent de miettes alors que les bénéfices explosent ? Tous les voyants sont au vert et les dirigeants promettent aux actionnaires 14% d’augmentation du bénéfice par actions.
Les travailleurs sont bien conscients que c’est sur leur dos que ces résultats sont obtenus. La direction est par exemple parvenue à faire doubler la production de paracétamol sans ajouter de personnel sur les lignes de production. Alors cette augmentation des bénéfices, c’est dans leurs bras qu’ils la ressentent, par des contrats toujours plus précaires et des cadences toujours plus soutenues.
Le mécontentement s’exprime aussi sur d’autres sites en France. Et les travailleurs de Derichbourg qui assurent l’entretien se sont mis en grève au moins sur un site. La direction n’en a sans doute pas fini avec le mécontentement.