Véronique Gélinaud attend une prise de conscience

Article de presse
18/11/2015

Véronique Gélinaud est aide-soignante au centre hospitalier de La Châtre. - (Photo NR, Patrick Gaïda)

La tête de liste de Lutte ouvrière dans l’Indre met les intérêts des travailleurs au cœur de sa campagne. Et s’oppose, inlassablement, au patronat.

Depuis ses 18 ans, Véronique Gélinaud a vécu plusieurs vies professionnelles. A Balsan, à Mead Emballage ou encore pour l'entreprise Roger-Pradier. Un parcours ponctué par de longues périodes d'intérim et par deux licenciements économiques. Agée de 57 ans, elle est aujourd'hui aide-soignante au centre hospitalier de La Châtre.

 « Les hôpitaux ont de moins en moins de moyens. Des collègues qui travaillent à l'hôpital de La Châtre depuis longtemps me parlent de cette époque où on pouvait se faire opérer dans cet hôpital. Les femmes pouvaient y accoucher. Aujourd'hui, c'est fini. Des économies sont faites, mais toujours sur le dos des plus faibles. Au lieu d'être donné à des entreprises, l'argent public devrait être mieux distribué dans les écoles, dans les hôpitaux, dans les moyens de transport. L'argent public est très mal redistribué », estime-t-elle.

" La société régresse "

Quand elle parle du monde du travail, de ses luttes, Véronique Gélinaud sait de quoi elle parle. Alors, avec les autres militants de LO, elle continue, inlassablement, à faire entendre « le camp des travailleurs ». A militer, aussi, pour l'interdiction des licenciements, pour l'abolition du secret des affaires, ou encore pour l'augmentation des salaires. « Même si on est minoritaires, nous devons rappeler aux travailleurs que ce sont eux qui fabriquent toutes les richesses qui permettent à une minorité de s'enrichir. »

Pendant la campagne, avec les autres militants, elle poursuit sa tournée des marchés. « Les régionales nous permettent de rencontrer beaucoup de monde. Les gens nous disent qu'ils n'en peuvent plus. La société régresse. Le chômage augmente, les travailleurs font des heures supplémentaires, perdent des jours de RTT. Tout cela sans augmentation de salaires et avec toujours davantage de précarité. Des travailleurs de Fenwal nous racontent avoir fait beaucoup d'efforts pour cette entreprise. Sans rien en retour. Beaucoup n'ont plus envie d'aller voter. » Beaucoup d'autres sont tentés par l'extrême droite. « Le Front national n'apportera aucune solution aux travailleurs. Quand le DRH d'Air France s'est fait déchirer sa chemise, le FN a condamné la révolte de ces ouvriers. C'est un réflexe de classe. »

Alors, la candidate se prend à rêver d'une prise de conscience qui poussera ces travailleurs à choisir le bulletin Lutte ouvrière.

le programme de la liste...

> ÉCONOMIE ET EMPLOI

« Pour la région Centre, le développement économique consiste à utiliser l'argent public pour arroser les groupes capitalistes, y compris ceux qui suppriment des emplois. Donner de l'argent, au nom de l'emploi, à des entreprises qui font des bénéfices et qui licencient, est un scandale.

« Ainsi, le Conseil régional du Centre avait voté une subvention pour Safety prod, près de Tours. Tous les élus justifiaient ce cadeau en prétendant que cela développerait l'emploi. Et maintenant, Safety licencie et ferme l'une de ses deux entreprises. Safety prod est une filiale de la multinationale Sanvick. Elle a distribué sur ces deux dernières années 930 millions de dividendes et reçu 5,5 millions d'aides publiques.

« Le développement économique, du point de vue des travailleurs, serait d'avoir un vrai travail, avec un salaire décent. Ce serait d'utiliser l'argent public pour embaucher directement le personnel nécessaire dans les transports, les hôpitaux ou les écoles, et développer ainsi des services utiles à la population.

« Cela ne peut passer que par l'interdiction des licenciements, par la répartition du travail entre tous sans baisse de salaire. Il faudra augmenter les salaires, les pensions et les revenus sociaux, et les indexer sur la hausse des prix.

« Enfin, pour rendre public les comptes réels des entreprises, il faudra imposer l'abolition du secret des affaires.

« La société ne pourra se développer que si la classe ouvrière prend en main les entreprises, les banques et les rênes de la société afin de les faire tourner pour la collectivité, pour les besoins de la population et non pour des profits privés d'une poignée de capitalistes qui, eux, ruinent la société. »

> ÉDUCATION  ET FORMATION  PROFESSIONNELLE

« Lors de ces élections comme des précédentes, les leaders politiques vont réutiliser le thème usé de la formation professionnelle qui serait inadaptée à l'emploi. Pour un chômeur, il faut généralement attendre de longs mois pour obtenir une formation, même pas toujours celle souhaitée, pendant lesquels les indemnités s'épuisent, et cela sans qu'il y ait un emploi à la clé. Sarkozy disait que la formation était un chantier prioritaire. Hollande avait promis qu'au lieu d'un chômeur sur quatre, un sur deux pourrait accéder à une formation. Il avait promis que la taxe d'apprentissage, les deux milliards annuels dus par les entreprises et guignés par quelque cent cinquante organismes collecteurs, serait consacrée aux apprentis et aux centres de formation. Mais ce ne sont ni les formations qui manquent, ni les compétences des chômeurs. Ce qui manque, ce sont les emplois ! C'est pour cela qu'il faudra imposer l'interdiction des licenciements et le partage du travail sans baisse de salaire. »

> ACCÈS AU NUMÉRIQUE  ET HAUT DÉBIT

« Si chacun doit avoir accès au numérique et au haut débit, il faudrait que chacun ait les moyens de s'équiper correctement en matériel informatique. Pour cela, il faut augmenter les salaires et les pensions et les indexer sur l'augmentation des prix. Il faudrait également que chacun soit correctement connecté au réseau. Pour cela, les fonds publics ne devraient pas servir à financer des entreprises privées qui n'ont que le souci de rentabilité, mais être utilisés pour les besoins de la population. »

> RURALITÉ ET AIDE AUX COMMUNES

« Les maires ont été nombreux à se mobiliser contre les baisses de dotations aux communes. Le gouvernement diminue en effet les versements de l'État aux collectivités territoriales, aux communes et aux intercommunalités. Avec des moyens diminués, les communes ont du mal à maintenir les services qu'elles assurent (les cantines, les crèches, les activités périscolaires, l'aide sociale, etc.), à moins qu'elles n'augmentent les tarifs et/ou les impôts locaux : dans un cas comme dans l'autre, ce sont les plus pauvres qui subiront le plus les conséquences de ces restrictions. Ceci alors que les habitants, notamment ceux des petites communes, subissent les licenciements comme les familles des ouvriers de Fenwal les ont subis dernièrement. Il faudrait que l'État arrête de détourner l'argent public au profit du grand patronat comme il le fait avec le CICE ou le pacte de responsabilité, et lui imposer de maintenir le fonctionnement des services à la population, notamment dans les communes rurales. »

la phrase

" La guerre est contre-productive. "

Élisabeth Milon, déléguée départementale du mouvement, avait mené la liste Lutte ouvrière lors des dernières municipales, à Châteauroux. Elle est profondément émue par les attentats de Paris. « Nous sommes tous terriblement choqués par ce qui s'est passé. Ces barbares sont hostiles au genre humain dans son ensemble. Les victimes de Daech sont autant musulmanes que chrétiennes. C'est bien la preuve qu'il s'agit d'une lutte pour les richesses et le pouvoir d'une région. Nous ne sommes pas derrière ce Hollande va-t-en-guerre. Les gouvernements qui sont allés faire leur loi dans ces pays ont leur part de responsabilité. Cette guerre sera contre-productive. Cela ne va faire que multiplier, encore, le nombre de foyers terroristes. De nombreux spécialistes le disent. »

Naëlle Le Moal

 

© La Nouvelle République - Indre (18/11/2015)