La Réunion

Apavou : une « victime » qui s’en sort très bien !

Brève
16/06/2018

Armand Apavou, patron du groupe éponyme, possède une myriade de sociétés immobilières et d'établissements hôteliers à La Réunion et à Maurice.

Bien qu'assis sur une fortune évaluée à la bagatelle de 500 millions d'euros, qu'il a amassée en exploitant sans scrupule des milliers d'ouvriers et d'employés, il a cumulé 130 millions de dettes auprès des banques et des organismes de protection sociale. Son principe étant de faire main basse sur le maximum d'argent et d'en lâcher le moins possible en bafouant les lois sociales (licenciements « économiques », licenciements « pour faute » des salariés récalcitrants) et les lois d'urbanisme (absence de permis de construire, malfaçons, entretien déficient de ses immeubles, etc.).

Après des années de passe-droits de la part des organismes d'État, de ses fournisseurs et des banques, la justice s'est enfin décidée à lui demander d' apurer ses dettes.

Mais Apavou, habitué à la mansuétude du pouvoir à son égard, essaie de retarder encore l'échéance du paiement. Il a récemment déclaré au journal le Quotidien avoir toujours voulu « contribuer au développement de l’économie réunionnaise » ajoutant « à Maurice, j'ai fait la même chose. Je suis arrivé avec un état d’esprit de construire, pas de me remplir les poches », et « être victime d'un acharnement judiciaire ». Pas moins !

On en pleurerait presque... de rire !

La Réunion

Il ferait mieux de se taire...

Brève
16/06/2018

Sébastien Lecornu, secrétaire d'État à la transition écologique, de passage à La Réunion, y est allé du traditionnel refrain démagogique des politiciens de passage sur le thème : « La Réunion est un exemple pour tous les autres territoires français ». Cette fois, il faisait allusion à l'avance qu'aurait pris le département dans la part des énergies renouvelables dans la production totale d'électricité de l'île.

Le hic, c'est que cette part, faible au demeurant, a baissé de 1 % en 2017 par rapport à 2016.

Il a fait aussi l'éloge du président du Conseil régional, Didier Robert, dont il a loué l'action.

De quelle action voulait-il parler ? De celle qui a consisté à supprimer le tram-train, transport non polluant, pour développer comme jamais le parc automobile, très écolo comme chacun sait !?

La Réunion

Maurice : dictature des barbus, lâcheté de l’État bourgeois

Brève
16/06/2018

Cette année la « marche des fiertés » organisée pour le respect des droits des homosexuels qui devait se tenir samedi 2 juin à Port Louis a dû se disperser face à la contre-manifestation organisée par les extrémistes musulmans. Ces derniers, menaçant physiquement les homosexuels et même de mort leur porte-parole, brandissaient des pancartes assimilant les pratiques homosexuelles à de la bestialité et les déclarant proscrites par leur religion.

Face à ce déferlement de haine contre une minorité déjà victime quotidiennement des préjugés enracinés dans la population, le gouvernement n'a su envoyer que quelques policiers en nombre notoirement insuffisant pour protéger les homosexuels.

La presse rappelait que les préjugés à leur encontre étaient aussi bien portés par la hiérarchie catholique. Son chef, Mgr Maurice Piat, ayant déclaré, en 2017, se demander à propos de la dépénalisation de la sodomie dans ce pays « si cela ne visait pas à faire plaisir à une clientèle moderne et à prendre des distances avec des principes moraux, à s'éloigner d'une relation homme/femme qui doit rester ouverte au don de la vie ». Une façon indirecte de qualifier les relations homosexuelles d'anormales...

Ces réactionnaires religieux prétendent encore en 2018 imposer leurs vues à la population y compris dans les relations entre individus. Et l'on peut remarquer à cette occasion que les homosexuels ne peuvent même pas compter sur la protection d'un État qui se dit démocratique, mais laisse impunément des retardés imposer leur loi, alors qu'il sait jouer de la matraque quand il s'agit de travailleurs en grève !

La Réunion

Albioma, centrales thermiques Travailleurs de tous les pays unissons-nous !

Brève
15/06/2018

Le 24 mai dernier devant l’usine de Bois-Rouge, des représentants de la CGTR-BTP et de la CFDT-BTP ont convoqué la presse pour faire connaître leur opposition à la présence de travailleurs étrangers sur le chantier de la centrale thermique. Cette position était soutenue par la fédération patronale FRBTP.

Les représentants syndicaux contestant la réalité d’un manque d’ouvriers réunionnais qualifiés ont demandé des comptes à la direction d’Albioma, qui leur répond qu’elle n’a pas la main sur l’embauche de ces espagnols, que cela dépend des entreprises qui ont eu le marché.

Tout en affirmant qu’il n’a rien contre les travailleurs étrangers le représentant CGTR-BTP précisait qu’à ses yeux « les coupables sont ceux qui osent les employer ».  Dans Témoignages du lendemain, le PCR sur la même  position , revendique un droit réunionnais qui s’oppose aux droits français et européen pour que les entreprises soient obligées de recourir à des Réunionnais pour occuper ces postes.

Toutes ces déclarations brouillent la conscience et aboutissent en définitive à affirmer que les syndicats et le PCR se rangent derrière les patrons locaux, que les intérêts des travailleurs réunionnais passent par la défense des intérêts patronaux. C’est une imposture ! De plus, dans un contexte de fort chômage et de remontées xénophobes, montrer du doigt des travailleurs étrangers revient à les rendre responsables du manque de travail aux yeux de l’opinion et cela c’est criminel.

En fait, les intérêts des travailleurs, quelle que soit leur origine, sont étroitement liés. C’est en étant solidaires qu’ils peuvent contrer la rapacité patronale comme ils l’ont justement montré sur ces chantiers.

Albioma a passé plusieurs marchés avec de grandes entreprises du BTP, dont MOS une entreprise espagnole qui a fait venir sa « propre » main-d’oeuvre, pour réaliser des travaux de mise aux normes visant à limiter les émanations de fumées toxiques des centrales thermiques du Gol et de Bois-Rouge.

Ces travaux doivent être réalisés sur la période de janvier à juin, hors période de la campagne sucrière, car les centrales thermiques doivent fonctionner à plein régime pendant la coupe des cannes pour fournir aux usines sucrières l'électricité nécessaire à leur fonctionnement.

La réalisation de ces travaux nécessitait l'intervention de plus de 100 ouvriers soudeurs à la qualification adaptée à ces chantiers très spécifiques. Localement seuls une vingtaine d’ouvriers posséderaient cette qualification, ce sont donc plus de 80 soudeurs espagnols et portugais qui sont venus réaliser ces travaux à leurs côtés dans des conditions d’exploitation éhontées.

Pour tenir les délais, livraison au 15 juin, l’entreprise sous-traitante faisait travailler les ouvriers 6 jours sur 7 10 heures par jour ! Ce qui laisse penser qu'il aurait fallu faire intervenir deux fois plus d'ouvriers pour faire respecter les 35 heures et les conditions de sécurité sur ces chantiers.

Quant à la paye la situation s'est rapidement détériorée au point que MOS n’avait toujours pas payé le salaire d’avril à la fin mai, rendant la situation des ouvriers intenables : impossibilité de payer leur loyer, de se nourrir, d’envoyer de l’argent à leur famille.

Avec des militants de la CGTR, des ouvriers réunionnais ont menacé, en solidarité avec leurs compagnons espagnols et portugais, de bloquer le chantier.

Devant cette menace le patron s’est empressé de payer.

Cette victoire a été scellée par un repas fraternel et chaleureux au cours duquel la barrière de la langue a pu être surmontée à l’aide d’un traducteur originaire du Sénégal.

Les travailleurs ont fait la démonstration qu’il ne faut pas se tromper d’ennemi : le seul étranger c’est le patron.

La Réunion

Mayotte : des pouvoirs publics odieux

Brève
10/06/2018

Depuis le début du mouvement de lutte contre l'insécurité à Mayotte, mi-février, le juge des libertés et de la détention du tribunal de grande instance aurait été saisi de plus de sept cents demandes de prolongation de rétention de personnes étrangères en situation irrégulière. Mais depuis le 21 mars l'Union des Comores refuse de réadmettre ses ressortissants expulsés de Mayotte et les places manquent en centre de rétention de Mamoudzou.

Dans ces conditions, ces demandes ne devraient aboutir qu’à la libération des personnes interpellées, décision que les pouvoirs publics se refusent à assumer.

Aussi le syndicat de la magistrature dénonce la politique démagogique du chiffre en appelant à l’arrêt des interpellations de clandestins à Mayotte.

Cela reste certes un geste symbolique, mais il souligne le mépris dans lequel préfet et gouvernement tiennent la population.